La condition féminine en France depuis 1900 à travers la chanson populaire (par Frédéric Mallégol)
Agrégé d’Histoire-Géographie, Frédéric Mallégol a enseigné pendant plus de 20 ans, notamment à l’UBO (Université de Bretagne Occidentale). En charge à l’UBO du cours de relations internationales et de l'histoire de la République en France (à l’Institut de préparation à l'administration générale) ainsi que de l'histoire des faits économiques et sociaux.A participé récemment au Festival du chant de marins de Paimpol avec une conférence intitulée "La mer et ses usages : des chants de marins aux marins d'eau douce". Se consacre actuellement à la géopolitique et à la laïcité, et également à la relation entre chanson populaire et histoire, ainsi qu’à la condition féminine en France.
A la fin du XIXe siècle, les succès musicaux reflètent le caractère patriarcal et conservateur de la société : l'image d'une bonne mère au foyer soumise à son époux. A contrario, lorsque la femme sort des conventions et des normes sociales, les chansons la relèguent au statut de prostituée, de ''fille perdue''.
La rupture majeure observée n'est pas celle de 1944 et de l'acquisition du droit de vote mais plutôt la révolution culturelle de mai 68 et ses conséquences durant les années 1970 avec l'émergence du féminisme triomphant. Depuis les années 1980, les chansons semblent confirmer l'émancipation professionnelle et personnelle des femmes malgré des fragilités récentes.