Interne du CHU de Nantes en 1973, professeur d’anatomie, neurochirurgien des Hôpitaux en 1990, créateur et chef du service de neurotraumatologie de l’Hôtel Dieu, Roger Robert est président de la société française de Neurochirurgie, président du Collège Médical Français des Professeurs d’Anatomie et Professeur émérite de la Faculté de Médecine de Nantes. Retraité depuis 2018.
La réponse est dans la question : le transhumanisme est là, il est plus qu’inéluctable.
Il convient d’abord de le définir, de le situer dans le cadre de l’évolution Darwinienne, dans le cadre de l’humanisme dont il partage la racine. La place de l’être humain dans le monde est particulière : il y est libre, transcendant par rapport à la nature et indéterminé, évolutif. Alors, dans ce contexte de liberté apparente, les rêves les plus fous trouvent place : ne pas souffrir, ne pas vieillir, voire ne plus mourir. Folie que tout cela ? à voir. Des avancées notoires sont en marche. Jusqu’où peuvent-elles aller ? Et qui intéresseront-elles ? La concurrence est devenue le maître mot : la société rassemble, la compétition peut séparer, diviser, créer des luttes fratricides. Il faut réussir, dépasser, évoluer sans cesse. Alors que le darwinisme éliminait les faibles, la nature humaine transformait ses instincts sociaux en entraide, échappant ainsi à la sélection. L’esprit de gain à tout prix l’a remise à l’honneur : les riches et puissants sont sélectionnés. Dommage pour les autres.
Peut-on « transhumaniser » différemment ? ce sera l’enjeu des décennies à venir…